File de scooters devant une station-service a Bali pendant la penurie de carburant

Pénurie de carburant à Bali (octobre 2026) : causes, situation et conseils aux voyageurs

Depuis le 11 octobre 2026, Bali traverse une pénurie de carburant inédite. Des files d’attente de plusieurs centaines de mètres, parfois d’un kilomètre, se sont formées devant les stations-service Pertamina de Denpasar, Badung et Gianyar. Certains habitants ont patienté des heures, d’autres sont tombés en panne sèche au milieu de la circulation. Que se passe-t-il exactement, la situation est-elle en train de revenir à la normale, et que faut-il faire si vous êtes à Bali ou sur le point de partir ? Voici le point complet.

Article mis à jour le 15 octobre 2026. La situation évolue rapidement : vérifiez toujours les informations locales avant de vous déplacer.

Ce qui se passe : des stations à sec et des files interminables

Tout a commencé le week-end du 11 octobre. En quelques heures, de nombreuses stations des zones les plus fréquentées (Denpasar, Kuta, Seminyak, Canggu, Jimbaran) ont affiché « habis » (épuisé) pour la Pertalite, l’essence subventionnée utilisée par la grande majorité des scooters et des voitures de l’île, puis pour la Pertamax, son équivalent de meilleure qualité.

Les stations encore approvisionnées ont été prises d’assaut. Les 12 et 13 octobre, les images de files de scooters bloquant des avenues entières ont fait le tour des réseaux sociaux indonésiens. La presse locale a rapporté des attentes de plusieurs heures, et même des files qui se sont maintenues près de 24 heures dans certains secteurs. Comme souvent dans ce genre de situation, la peur de manquer a provoqué des achats de précaution (bidons, réservoirs remplis « au cas où »), ce qui a accentué la tension.

Pourquoi Bali manque-t-elle d’essence ?

Il faut d’abord comprendre une particularité : Bali ne produit pas de carburant. Toute l’essence consommée sur l’île arrive par bateau-citerne dans deux terminaux, Sanggaran (au sud, près de Benoa) et Manggis (à l’est, près de Candidasa), avant d’être distribuée par camions vers les stations. Le moindre grain de sable dans cette chaîne se ressent immédiatement.

Selon les explications de Pertamina, deux facteurs se sont combinés :

  • Un retard de déchargement : un pétrolier qui devait accoster et décharger tôt le matin du 12 octobre a connu un problème technique sur son ancre. Le déchargement a été repoussé de plusieurs heures, jusqu’au soir, alors que les stocks étaient déjà bas.
  • Une consommation en forte hausse : la demande de Pertalite atteignait environ 2 200 kilolitres par jour, un niveau supérieur à ce qui était prévu. Le gouverneur de Bali, Wayan Koster, a d’ailleurs demandé que les quotas attribués à la province soient ajustés aux besoins réels de l’île, dont la population et le trafic touristique ont fortement augmenté.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’une pénurie mondiale ni d’un problème de prix, mais d’un problème de logistique et de distribution. Certaines rumeurs ont circulé sur les réseaux, notamment l’idée que le carburant aurait été détourné vers un événement à Lombok ; le gouverneur les a démenties.

Les mesures prises pour rétablir la situation

Face à la crise, les autorités ont réagi rapidement :

  • Livraisons supplémentaires : Pertamina a programmé plusieurs arrivées de pétroliers (les 12, 14 et 16 octobre) vers Sanggaran et Manggis, pour un total annoncé d’environ 26 200 kilolitres, auxquelles s’ajoutent des volumes complémentaires entre le 15 et le 17 octobre.
  • Stations ouvertes 24 h/24 : une soixantaine de stations de Denpasar fonctionnent jour et nuit, et les camions-citernes tournent en continu.
  • Distribution à toute l’île : le gouverneur a annoncé la reprise de la distribution dans toutes les régions de Bali et appelé la population au calme.
  • Pression politique : à Jakarta, la présidente de la Chambre des représentants, Puan Maharani, a demandé au gouvernement et à Pertamina d’augmenter les volumes et de revoir le système de distribution pour éviter que la situation ne se reproduise.

Les autorités tablaient sur un retour progressif à la normale en milieu de semaine. Au 14 et 15 octobre, les files se résorbaient dans certains secteurs, mais des élus locaux signalaient encore des stations ouvertes 24 h/24 qui se retrouvaient ponctuellement sans rien à vendre. Il faut donc s’attendre à quelques jours de perturbations résiduelles, surtout dans le sud touristique.

Quelles conséquences pour les voyageurs ?

Pour un séjour touristique, l’impact est réel mais gérable. Voici ce qui change concrètement :

  • Location de scooter : c’est le plus sensible. Les loueurs rendent souvent les deux-roues avec un réservoir presque vide, et trouver de l’essence peut prendre du temps. Les petits vendeurs de bord de route, qui vendent l’essence en bouteilles (« bensin eceran »), sont eux aussi à court ou pratiquent des prix plus élevés.
  • Chauffeurs et VTC : les applications (Grab, Gojek) fonctionnent, mais avec moins de chauffeurs disponibles et des temps d’attente ou des tarifs parfois plus élevés aux heures de pointe. Certains chauffeurs privés peuvent revoir leurs prix pour les longues excursions.
  • Circulation : les files devant les stations débordent souvent sur la chaussée et aggravent des embouteillages déjà notoires dans le sud. Prévoyez de la marge, notamment pour rejoindre l’aéroport.
  • Excursions lointaines : le nord (Lovina, Munduk) et l’est (Amed, Sidemen) sont moins touchés par l’affluence mais aussi moins bien desservis. Partez avec le plein si vous conduisez vous-même.
  • Vols : le carburant aviation suit un circuit différent. Aucune perturbation des vols liée à la pénurie n’a été signalée.

Nos conseils pratiques si vous êtes à Bali

  • Ne roulez pas sur la réserve : faites le plein dès que la jauge passe sous la moitié, et dès que vous voyez une station sans file.
  • Faites le plein tôt le matin ou tard le soir : les files sont nettement plus courtes avant 7 h et après 21 h dans les stations ouvertes 24 h/24.
  • Vérifiez le réservoir à la location : demandez au loueur un scooter avec le plein, ou négociez une remise si ce n’est pas possible.
  • Préférez un chauffeur pour les longues journées : c’est son véhicule et son problème d’approvisionnement, et vous éviterez les files.
  • Regroupez vos déplacements : c’est le moment idéal pour explorer à pied votre quartier, ses warungs et ses temples, ou pour réserver une activité avec transport inclus.
  • Évitez les bidons : stocker de l’essence dans une villa ou une chambre est dangereux et alimente la pénurie.
  • Restez patient et courtois : les Balinais vivent cette situation au quotidien pour aller travailler. Ne doublez pas dans les files, même en scooter.

Faut-il reporter son voyage à Bali ?

Non, il n’y a aucune raison d’annuler un voyage pour cette pénurie. Il s’agit d’une crise de distribution ponctuelle, et les livraisons supplémentaires sont déjà en route. Les hôtels, restaurants, sites touristiques et transferts aéroport continuent de fonctionner. Si vous arrivez dans les prochains jours, organisez simplement vos premiers déplacements avec un chauffeur ou un transfert réservé à l’avance, plutôt que de compter sur une location de scooter dès le premier jour.

Profitez-en pour bien préparer les autres formalités : la taxe touristique de Bali à régler avant le départ, votre visa à l’arrivée et votre carte SIM ou eSIM, indispensable pour commander un VTC.

Une crise qui révèle la fragilité de l’île

Au-delà de l’épisode, cette pénurie met en lumière une question qui revient régulièrement à Bali : l’île, qui accueille plusieurs millions de visiteurs par an en plus de ses quelque 4,4 millions d’habitants, dépend entièrement de l’extérieur pour son énergie et son carburant. Le nombre de scooters et de voitures a explosé, les embouteillages s’aggravent, et les infrastructures peinent à suivre. Le débat sur les transports en commun (bus, projet de métro léger dans le sud) et sur la mobilité électrique, déjà très présent, risque de reprendre de la vigueur.

Pour les voyageurs, la leçon est simple : à Bali, mieux vaut toujours garder de la marge, sur la jauge comme sur l’horaire. Nous suivons l’évolution de la situation et mettrons cet article à jour si de nouvelles perturbations apparaissent.

FAQ : pénurie d’essence à Bali

Depuis quand dure la pénurie de carburant à Bali ?

Les premières ruptures ont été signalées le 11 octobre 2026, avec un pic les 12 et 13 octobre. Les livraisons supplémentaires prévues jusqu’au 17 octobre doivent permettre un retour progressif à la normale.

Quelle est la cause de la pénurie ?

Selon Pertamina, un retard de déchargement d’un pétrolier (problème technique d’ancre) combiné à une consommation de Pertalite plus élevée que prévu, autour de 2 200 kilolitres par jour.

Peut-on encore louer un scooter à Bali ?

Oui, mais demandez un réservoir plein et faites le plein dès que possible. Pour les longues excursions, un chauffeur reste plus simple pendant la période de perturbations.

Les vols vers Bali sont-ils perturbés ?

Non. Le kérosène des avions suit une filière d’approvisionnement distincte, et aucune perturbation des vols liée à la pénurie n’a été signalée.

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